Anthropologie de la Décroissance
Videocauserie en 5 parties et 61 chapitres par Christian Laurut

00. Introduction

La décroissance est à la mode. En cette période de soi-disant crise économique qui n’en finit pas de durer, la croissance est pourtant annoncée comme seul remède efficace pour la juguler. A titre personnel, êtes–vous croissant ou décroissant ?

Lorsqu’on cherche la définition du mot décroissance dans la plupart des dictionnaires, on obtient « état de ce qui diminue, de ce qui décline » . En fouillant un peu dans les nouvelles moutures du Larousse et du Robert qui prennent en compte les évolutions du sens des mots par l’esprit commun du moment, on trouve quelque chose comme ceci : « slogan mettant en cause l’économisme et stigmatisant les dégâts sociaux et culturels du dogme de la croissance ». Que faut-il donc comprendre quand on entend parler de « Décroissance » ?

A votre avis, comment les gens se positionnent-ils par rapport au concept de « décroissance » ? Si vous deviez dresser une cartographie sociologique de la décroissance, quels seraient ses grands contours ?

I. LES  OBJECTEURS DE CROISSANCE, (ou décroissants culturels)

2.          Ces « décroissants culturels », comme vous les nommez également, fondent en grande partie leur doctrine sur l’idée que la croissance est néfaste pour la planète et qu’il faut donc l’arrêter. Que pensez vous de ce postulat ?

3.         Ils soutiennent également que la croissance génère une empreinte écologique insoutenable pour la planète

4.         La démographie entre-t-elle en ligne de compte pour le calcul de l’empreinte écologique ?

5.         Les objecteurs de croissance parlent également d’une « frugalité heureuse » comme base d’un mode vie idéal et souhaitable. Partagez vous ce point de vue ?

6.         La notion de partage est également très présente dans leur discours, Paul Ariès aime à répéter qu’il voit l’avènement de la décroissance comme le remplacement du temps des « exploiteurs » par  le temps des « partageurs ». Etes vous contre le partage des richesses ?

7.         Les relations Nord-Sud sont également très présentes dans l’argumentaire des décroissants culturels. La décroissance devrait, selon eux, faire cesser l’emprise coloniale des pays riches sur les pays pauvres et le pillage de leurs ressources. Personnellement, voyez-vous un lien entre ces deux idées ?

8.         Parallèlement à cette notion de partage, la notion de gratuité est également très présente chez ces décroissants. Etes vous partisan ou opposé à la gratuité ?

9.         Les objecteurs de croissance prônent l’établissement d’un revenu minimum garanti pour tous, reprenant ainsi une idée qui flotte dans l’air  de presque tous les partis politiques ? Quelle est votre position sur ce sujet ?

10.      Reprenant un slogan de Serge Latouche, les décroissants culturels, prétendent que « notre imaginaire est colonisé », sous-entendu pour nous faire aller vers la croissance, et que nous devons, par conséquent décoloniser notre imaginaire pour aller vers la décroissance. Ne trouvez vous pas que c’est une « belle » formule pour un « beau » projet ?

11.      Un autre argument mis en avant par les objecteurs de croissance est que le progrès technique, moteur de la croissance, aurait été imposé de force aux individus de base par le pouvoir capitaliste et que toute action en retour serait justifiée par la lutte contre cette coercition initiale. Que pensez vous de cette affirmation ? Ne pourrait-elle pas servir de base idéologique à une dérive terroriste de l’objection de croissance ?

12.      Une critique, économique celle-ci, formulée par les objecteurs de croissance contre la société actuelle est celle de « productivisme », sous tendant la recherche permanente du profit maximum. Partagez vous cette critique de la notion de profit, d’une part, et pensez vous que le profit soit le principal moteur de la croissance, d’autre part ?

13.      Elargissant leur contestation de la société croissante, les objecteurs mettent directement en cause le capitalisme. Quelle est votre position personnelle par rapport au capitalisme ?

14.      Les objecteurs se font un point d’honneur politique à affirmer qu’ils appartiennent à la famille politique de la Gauche. Un de leurs livres collectifs cosigné notamment par Paul Ariès, Michel Lepesant, Serge Latouche, Jean Luc Pasquinet, etc…s’intitule même « Notre décroissance  n’est pas de droite » . Pourquoi tant de haine pour la droite ?

15.      En fin de compte, et à votre avis, pourquoi les objecteurs mettent-ils autant d’ardeur à vouloir aller vers la décroissance tout de suite, sans attendre qu’elle ne s’installe toute seule ?

16.      Mais quelle différence de fond les objecteurs de croissance font-ils entre décroissance et récession ?

17.      Pensez vous, comme les objecteurs de croissance que si la décroissance ne survenait pas de façon inéluctable, il faudrait quand même décroître de façon volontaire, et pour quelles raisons ?

18.      En définitive quels sont vos points d’accord et vos points de désaccord avec les objecteurs de croissance ?

II. LES ATHEES TRANSITIONNISTES

19.      Les transitionnistes déclarent que leur objectif est d’inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier d’une ville…), à prendre conscience, d’une part, des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement climatique et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement. Dès lors quelle est vraiment leur différence avec les objecteurs de croissance ?

20.      Les transitionnistes se focalisent beaucoup sur le concept de résilience, partagez vous cette focalisation ?

21.      La relocalisation de l‘économie tient une grande place dans leur démarche, par le biais d’actions concrètes telles les AMAP, SEL, monnaies locales, jardins partagés, pensez vous que ce soit une démarche d’avenir, ou simplement le témoignage d’une mode quelque peu bobo.

22.       La mise en œuvre de cette transition pose le problème du foncier agricole. Comment voyez vous l’action des transitionnistes dans cette affaire ?

23.      Globalement comment vous situez vous par rapport aux transitionnistes ?

III. LES AGNOSTIQUES INQUIETS, (ou écologistes)

24.      Pourquoi dites vous qu’ils sont agnostiques et de quoi sont-ils, selon vous, inquiets ?…. Et ils ne sont donc pas décroissants ?

25.      Mais alors quel est le fondement de leur idéologie et comment se situent-ils par rapport à la croissance ?

26.      Que dit réellement la science écologique, dont ils se réclament, sur la croissance et sont-ils en accord avec ses préceptes ?

27.      Comment expliquez vous leur succès politique et l’importance grandissante de leur influence sur les modes de pensée actuels ?

28.      Dans leur comportement politicien, les leaders écologistes montrent une quasi-similitude avec ceux des autres partis traditionnels. Pensez vous qu’il existe une différenciation sensible entre les idéaux et valeurs défendues par les militants de base écologistes et leurs représentants élus ?

29.      Comment vous situez vous par rapport aux écologistes ?

IV. LES ADORATEURS DE LA CROISSANCE, ou croyants religieux

30.      Vous mettez en avant le caractère inéluctable de la décroissance, mais pensez vous que ce caractère soit réellement indiscutable. N’existe t-il pas une possibilité que la décroissance ne survienne pas et que la croissance perdure ? C’est pourtant ce que semble croire la grande majorité des gens !

31.      Pourquoi dites vous que cette croyance relève de la religion, plutôt que d’une conviction raisonnable et argumentée ?

32.       

33.      Au plan politique, selon vous, existe t’il une identité parfaite entre ce qu’on appelle les néolibéraux et ces adorateurs de la croissance ? Sont-ils les seuls à prôner et croire fermement aux vertus de la sainte croissance ?

34.      Au final, qu’avez vous à reprocher à ces croissancistes ?

V. LES ATHEES CONSTRUCTIVISTES, ou résilients politiques

35.      Vous définissez comme un athée constructiviste. Pourquoi ce terme un peu barbare, et son corollaire de « résilient politique » ?

36.      De fait, acceptez vous l’étiquette d’objecteur de croissance ou de décroissant ?

37.      Que pensez vous de ceux qui vous reprochent de prôner la décroissance « subie » ?

38.      Vous avez critiqué le GIEC à de nombreuses reprises, par écrit et par oral. Que répondez vous à ceux qui vous soupçonnent, en doutant du réchauffement climatique, de faire le jeu des lobbies pétroliers ?

39.      Comment vous situez vous sur l’échiquier politique : plutôt à gauche, à droite ou au centre.

40.      Quelle est votre conception de l’Etat, dans la société de demain, que vous imaginez forcément décroissante ?

41.      Comment voyez vous, de manière concrète ce délestage de la fonction législative ?

42.      Mais avec un système de démocratie directe tel que vous le proposez, les lois seront beaucoup plus difficiles à voter alors qu’il faut pouvoir adapter rapidement la loi à l’évolution de la société ?

43.      Concernant l’impôt, distinguez vous les différentes formes d’impôt, de taxes et cotisations obligatoires ?

44.      Quelles sont les critères et les activités concernées par le secteur public marchand dont les bénéfices, si j’ai bien compris, devraient financer les services publics gratuits ?

45.      Ne sommes nous pas là dans un système de collectivisation généralisée de l’économie comparable à celui de l’ex URSS ?

46.      Que mettez vous dans les services public gratuits et d’après quels critères déterminez vous que tel ou tel service public doit être gratuit ?

47.      Mais comment les bénéfices du secteur public marchands pourraient-ils être assez élevés pour financer cet immense service public gratuit

48.      A côté de ce grand secteur public que vous envisagez, que resterait-il pour l’entreprise privée et comment devrait-elle fonctionner ?

49.      L’entreprise deviendrait donc une zone de non-droit où tout serait permis ? N’est pas un peu effrayant ?…..

50.      Comment voyez vous l’exercice de la liberté individuelle face à cette nouvelle donne ?

51.      Pensez vous qu’il soit nécessaire de réformer le système actuel de création monétaire.

52.      Alors quel système de création monétaire préconisez vous pour cette nouvelle société résiliente ?

53.      Pensez vous, comme certains anticapitalistes, que le droit de propriété doive être remis en cause ?

54.      La civilisation industrielle se caractérise notamment par une inflation législative sans précédent. D’une centaine de lois sous Charlemagne, nous sommes passés à environ 140.000 lois et règlements dans la France d’aujourd’hui. Pensez vous que le nombre de lois et de règlements va encore augmenter dans les temps à venir, ou au contraire diminuer ?

55.      Mais pourquoi avez vous une telle aversion pour l’impôt En quoi votre système est-il plus juste et plus socialement équitable que l’impôt actuel ?

56.      Finalement le système que vous proposez ne revient-il pas grosso modo à établir un système de taxation de la consommation, comme certains le proposent déjà ?

57.      En quoi cette réorganisation du fonctionnement l’économie que vous proposez est-elle spécifiquement adaptée à la décroisssance ?

58.      Mais finalement, votre schéma n’est-il pas tout simplement un projet de profonde modification des règles de la démocratie qui pourrait, pourquoi pas, être proposé dès aujourd’hui, avant même que ne débute cette décroissance que vous pronostiquez ?

59.      Tout comme la décroissance, la révision constitutionnelle est à la mode. De nombreux mouvements s’intéresse à la réécriture de la constitution, dont notamment le Mouvement pour le sixième république de JL Mélenchon et les ateliers Constituants d’Etienne Chouard. Comment vous situez vous par rapport à ces mouvements.

60.      Il y a aujourd’hui 7 milliards d’humains sur la planète et on prévoit 10 milliards pour 2050. Les ressources alimentaires vous paraissent elles suffisantes pour une population mondiale de cette ampleur ?

61.      Pensez vous que les années à venir seront plus agréables et intéressantes à vivre, ou, au contraire, plus difficiles et plus ternes ?